Faire société

Pas de pub’

Inscription qu’on retrouve fréquemment

sur les boîtes à lettres.


La publicité, principale

industrie liée au commerce, a cette particularité

que non seulement elle peut être considérée

comme nuisible, mais que pratiquement

personne ne la considère comme souhaitable.

Sous quelque forme que ce soit, imprimée ou

audiovisuelle, elle suscite au mieux le

scepticisme et plus généralement l’exaspération

de ceux qu’elle est censée convaincre : les

consommateurs. Bien plus efficace et plus

absolue que la propagande des états totalitaires,

la publicité dans la société marchande a pour

but de produire et de promouvoir le mensonge.

La plupart du temps, la seule chose vraie dans

une pub’, c’est le nom de la marchandise qu’elle

est chargée de vendre. D’ailleurs, les

professionnels s’ingénient à trouver les

scénarios les plus fantaisistes, les plus

loufoques, les plus absurdes, les plus

provocateurs, pour contourner le malaise que

provoque chez tout créateur, même subalterne,

la conviction de défendre une cause

malhonnête.

On n’a encore à ce jour jamais repéré de boîte à

lettres affichant : « Publicité bienvenue ».

Le Saint de la semaine


  P.M.F.



Pierre Mendès-France (1907-1982) homme d’état au parcours et aux convictions exemplaires, est considéré comme la référence absolue en matière politique. Loin s’en faut pourtant – ceci explique sans doute cela – que son action réelle justifie le prestige dont il jouit encore aujourd’hui. Moins de deux ans de fonctions ministérielles, moins de sept mois à la tête du gouvernement, il se trouva presque toujours à contre-courant ou à contre-temps de la vie politique française dont il fut néanmoins un acteur remarqué pendant un demi-siècle.

Instituteur éclairé et rigoureux de la bonne gouvernance, il eut la douleur de voir ses élèves, de gauche comme du centre, se faire un devoir d’oublier ses leçons. Ils continuent encore.

On le fête le 21 juillet, en souvenir de la fin de la guerre coloniale d’Indochine qu’il sut offrir au pays (1954). Les politiciens l’invoquent comme une sorte d’Esprit Saint, quand leur discours vient par trop à sonner le creux.